Automates

Les automates Jaquet-Droz, réalisés entre 1768 et 1774 par Pierre Jaquet-Droz, son fils Henri-Louis et Jean-Frédéric Leschot, ne sont pas que des merveilles de précision, à admirer comme chefs-d’œuvre. Ces mécaniques chaux-de-fonnières laissent augurer du génie d’une région, de sa créativité, de son savoir-faire, de son avenir horloger puis microtechnique et de la renommée internationale qui va en découler!

Découvrez l’écrivain, le dessinateur et la musicienne. Ils sont assurément les vedettes neuchâteloises les plus connues dans le monde.

Précoce, l’écrivain! Cet enfant de trois ans, assis sur un tabouret Louis-XV, appuie sa main gauche sur une petite table d’acajou et écrit de la main droite, avec une plume d’oie. Tandis que ses yeux suivent son mouvement, la plume trace des lettres avec pleins et déliés. L’écrivain peut écrire n’importe quel texte de quarante lettres ou signes au maximum. Quand il change de ligne et trempe sa plume dans l’encrier, son visage participe à ses gestes.

Le dessinateur est plus spectaculaire encore que l’écrivain, même si son mécanisme est moins compliqué. Trois jeux de cames différents, datant de la construction, permettent à l’enfant de reproduire quatre dessins, parce que le portrait de Louis XV et «Mon Toutou» sont sur les mêmes cames.

Leur sœur est musicienne.

Fine jeune fille, la musicienne passe pour le plus joli automate du monde, avec la joueuse de tympanon de Kintzing (conservatoire national des Arts et Métiers de Paris). Elle joue sur une sorte d’orgue à deux jeux de flûtes, instrument indépendant (contrairement aux automates modernes où l’instrument joue et les doigts ne font que suivre les touches). On la voit respirer, elle tourne la tête d’un côté et de l’autre, regarde à droite, à gauche, abaisse et relève les yeux, se penche en avant et se redresse. Elle accentue ses mouvements quand elle joue et termine par une révérence.

Avec ses frères, elle a beaucoup voyagé.

Les trois automates Jaquet-Droz ont longtemps vécu en nomades, hôtes de toutes les cours d’Europe, visitant Paris, Bruxelles, Londres, Kazan (Russie), Madrid, l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark. En 1906, la Société d’Histoire et d’Archéologie de Neuchâtel les acquiert pour 75'000 francs or et les confie au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel dont ils sont devenus les pièces maîtresses. On peut les admirer en démonstration le 1er dimanche de chaque mois, à 14h, 15h et 16h ou sur réservation préalable pour des groupes.

Vivre la ville!

N° 19 | 2017 | 21.06.2017

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