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De passage à Neuchâtel, deux membres sud-africains de l’ONG IMBEWU, parlent de leur mission d’éducation à travers le sport Le sport au service de l’éducation en Afrique du Sud ![]() Promouvoir l’éducation et la santé à travers le sport en Afrique du Sud, tel est le défi que se sont lancés les membres de l’ONG IMBEWU. Créée en 2001 par le Neuchâtelois Pascal Holliger, qui réside actuellement à Port Elizabeth, cette association est soutenue par la «Roger Federer Foundation» et représentée par deux organisations complémentaires: IMBEWU-Suisse, basée à Neuchâtel et IMBEWU South Africa, qui a son siège à New Brighton Township, au sein même des banlieues les plus démunies de la Nelson Mandela Bay. Rencontre avec Pascal Holliger, de passage à Neuchâtel, et avec deux de ses acolytes sud-africains, Xolani Notshe (photo de gauche, à dr.), directeur de l’ONG et Luyanda Senti (photo de gauche, à g.), responsable du projet sport. En quoi consiste exactement ce que vous appelez le «développement par le sport» ? Luyanda Senti : A travers la pratique du football, du tennis, du basket et de la gymnastique, un groupe de cinq entraîneurs, dont je fais partie, traite plusieurs thèmes avec les enfants, qui sont âgés de 7 à 18 ans et sont au nombre de 200. La santé, le sida, la pauvreté et les relations sociales comptent parmi les sujets abordés. Il arrive aussi que la matière des cours soit adaptée en fonction des participants et de leur milieu. On parlera alors davantage d’abus sexuels, par exemple. Quand et comment se déroulent les cours exactement ? L.S : Chaque jour après l’école, les enfants viennent directement à notre centre, qui comporte des courts de tennis, des terrains de mini-football et de basket. Ils doivent se concentrer sur un sport en particulier mais peuvent essayer et pratiquer différents sports. Une fois que nous avons réuni les enfants en un même endroit, nous leur faisons suivre un programme éducatif. Nous les testons ensuite sur leurs connaissances. Il ne s’agit pas d’un examen dans le sens scolaire du terme, mais d’une façon de voir s’ils ont compris le message, de manière à le répandre correctement dans les quartiers où ils vivent. A partir de cinq heures, les enfants peuvent rentrer à la maison pour faire leurs devoirs ou autre. Mais cela n’arrive jamais, ils souhaitent toujours rester plus longtemps. Pascal Holliger : Il ne faut pas oublier que certains jeunes ont une situation familiale très difficile et n’ont pas forcément envie de rentrer. Venir au centre est l’alternative à traîner dans les rues.
Quel genre de difficulté rencontrez-vous le plus souvent ? L.S : Dispenser ces cours gratuits est un véritable défi. Nous rencontrons surtout des problèmes logistiques et organisationnels. Xolani Notshe : IMBEWU a choisi d’agir dans une région économiquement très pauvre. Certains élèves n’ont même pas de chaussures ! Le centre offre un repas gratuit à tous les participants. Pour certains, c’est le seul de la journée. Comment réagissent la population et les parents des jeunes, l’accueil est-il positif ? L.S : Oui, les familles nous soutiennent beaucoup, même si elles ne peuvent apporter aucune aide financière. Elles sont consultées à chaque fois que nous organisons des voyages avec les jeunes. Quel genre de voyage ? L.S : Nous les emmenons parfois à des compétitions sportives de haut niveau, de manière à ce qu’ils aient des modèles à suivre. Nous nous sommes rendus cette année à un tournoi de tennis de niveau international. X.N: Et lors d’un camp d’été l’année passée, les enfants ont rencontré le champion de boxe sud-africain Vuyani Bungu, qui leur a raconté son parcours de vie. Il vient d’un milieu aussi modeste qu’eux et son témoignage a fait réaliser aux enfants que tout est possible grâce au sport ! Comment financez-vous vos projets ? X.N : Notre sponsor principal est la «Roger Federer Foundation», mais nous sommes également soutenus par «Nike South Africa», la «South African Tennis Association» ainsi que diverses autres institutions et personnes privées, notamment neuchâteloises. Le gouvernement sud-africain nous amène aussi quelques subsides. Sans oublier les enfants qui se font parrainer par le biais d’IMBEWU-Suisse. Actualisez-vous votre programme avec les années ? L.S : Oui, Nous travaillons de plus en plus en réseau avec d’autres partenaires, notamment des ONG et fédérations sportives. Nous commençons par ailleurs à former des jeunes à devenir entraîneur et à prendre des responsabilités. L’Afrique du Sud a fait récemment parler d’elle en raison d’accès de violence liés à la xénophobie, avez-vous été confrontés à ce genre de problèmes ? X.N : A Port Elizabeth, nous n’avons pas vécu ce genre d’expérience. Il y a bien eu un ou deux incidents, mais les résidents ont défendu les étrangers. Cette situation est regrettable, cela nous embarrasse beaucoup. IMBEWU, notamment, a participé à une campagne contre la xénophobie.
En 2010, la Coupe du monde de football se déroulera en Afrique du Sud, avez-vous prévu quelque chose de spécial ? P.H : C’est la première fois que l’Afrique accueillera un tel évènement. Et ça ne concernera pas uniquement le football. Cela générera beaucoup d’engouement et encouragera le développement du tourisme, des routes, sans parler de l’impact social et économique. Les contours des projets sont encore flous à l’heure actuelle, d’autant que rien ne se fait sans la FIFA! Mais nous dialoguons avec tous les acteurs de cette énorme compétition et serons l’un des partenaires principaux pour les événements qui toucheront à la jeunesse, au football et au développement social. Nous espérons ainsi que la Coupe du monde puisse avoir un impact sur la jeunesse, notamment celle qui n’aura pas accès aux stades. Laure-Anne Pessina Légende photo: IMBEWU soutient quelque 2600 enfants et jeunes, dont 200 suivent les cours de sport organisés par l’ONG, créée par un Neuchâtelois. www.imbewu.org/ CCP 17-237629-2
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