L'oeuf sur la Tour de Diesse

Les festivités du 40e anniversaire de la zone piétonne ont démarré le 18 avril 2019 par la pose d'un oeuf d'une tonne, accompagné de son nid, sur la Tour de Diesse qui surplombe la vieille ville. Installation de l'artiste neuchâtelois Mandril, cet oeuf fait partie d'une installation baptisée "Drôle d'oiseau, le piéton neuchâtelois", qui veut montrer que les idées savent éclore, dans notre région, comme nulle part ailleurs. Cet oeuf, composé d'une myriade d'oiseaux, rappelle ainsi que les oiseaux, comme les idées, migrent tous deux, et que lorsqu'ils s'y sentent à l'aise, bâtissent un nid pour y pondre. L'oeuf cristallise une rencontre entre une idée fugitive et une ville dans laquelle elle fait halte pour y laisser un bien durable.

Retrouvez notre galerie photos de la pose de l'oeuf à cette page et davantage d'informations sur cette installation ci-dessous.

Drôle d'oiseau

Platon a défini l'homme comme un bipède sans plumes. Il a sans nul doute dû travailler cette image dans ses errances à travers les rues d'Athènes, voyant tous ces mouvements de citadins ancêtres de nos piétons avec un même point commun: la chance de déambuler dans une cité épargnée du brouhaha automobile. Neuchâtel comme Athènes ont certainement vu les mêmes espèces de drôles d'oiseaux déambuler sur leurs pavés.

Pour les 40 ans de la zone piétonne, un étrange nid surplombe la Tour de Diesse dans lequel est posé un oeuf composé d'oiseaux multicolores. Sorti de sa flânerie quotidienne par ce curieux nid, le piéton se baladant à Neuchâtel croira peut-être à un mirage. Cet oeuf est lui-même composé d'une myriade d'oiseaux. Celui-ci garantit de désopilantes interrogations: qui l'a pondu? A quoi fait-il référence? Pourquoi une coquille aussi colorée que vivante? Migrez à Neuchâtel pour couver de votre regard cet étrange oeuf 100% neuchâtelois.

En écho au nid géant de la Tour de Diesse et à son oeuf bigarré, de multiples petites empreintes parsèment le sol des rues piétonnes. Les bipèdes sont invités à suivre ces indices menant à une immense volière piétonne dans laquelle se balancer. Avec des perchoirs à ciel ouvert, les piétons devenus de drôles d'oiseaux peuvent nicher en toute liberté. Les lieux sont basés autour de la fontaine de la Justice et de celle de la place Coquillon.

Les balancoires volières devant la fontaine de la justice

L'artiste

De son vrai nom Marc Ferrario, Mandril est un artiste qui vit et travaille à Neuchâtel. Né en 1982, il s'est formé en histoire de l'art, philosophie, anthropologie et théologie et enseigne actuellement le dessin technique à l’Académie de Meuron à Neuchâtel. Mandril est est un dessinateur hyperactif qui s'intéresse aux sciences et au mysticisme lié à la nature. Avec une technique aiguë du trait, du détail et de la perspective, il crée des mondes qui empruntent autant à la science fiction qu'à l'univers fantastique proche de l'imagerie de Jules Verne.

Pour le projet "Drôle d'oiseau", Mandril a notamment travaillé avec Pierre-Olivier Bachmann, dit "PO", cofondateur de l’Analog Resistance Festival et l'artiste-paysagiste Roger Hofstetter, qui crée notamment les jardins extraordinaires d'Evologia.

Mandril a collaboré avec le Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel et avec la prestigieuse maison horlogère Jaeger Lecoultre. Il collabore régulièrement avec des collectifs d’artistes et a remporté avec artaban.tv en 2010 le premier prix du Festival de Courgemétrage ainsi que le prix du public. Il a aussi obtenu le grand prix du Jury du Festival de court de St Genis Pouilly pour son court métrage "AU BOUT DU ROULEAU".

Le site internet de Mandril

L'artiste Mandril devant son oeuf multicolore

La Tour de Diesse

Incontournable lorsqu'on se promène dans la vieille ville, qu'elle surplombe avec son quadruple cadran rouge et or, la Tour de Diesse faisait partie du dispositif originel de défense de Neuchâtel; elle protègeait l’entrée orientale du castrum. Pendant de la tour des Prisons, elle servit également de porte de ville aux XIe et XIIe siècles. A une date inconnue, cette seconde fonction fut abandonnée et le passage sous la tour fut muré.

Au XVIe siècle, la tour est remise en fief à la famille de Diesse qui vend ses droits à la Ville en 1580. Dès 1575, elle abrite une horloge et, quatre ans plus tard, on y accole sur la façade occidentale une viorbe en tourelle (escalier en colimaçon dans une tour ronde) terminée par un clocheton destiné à recevoir la cloche de ville. En 1580, celle du Conseil l’y rejoint quand la Ville et Bourgeoisie de Neuchâtel rachète les
droits de propriété de l’édifice (source: Jean-Pierre Jelmini, Neuchâtel 1011-2011)

L'énorme incendie qui consume en 1714 une bonne partie de la ville porte le coup de grâce à ce vénérable édifice, dont la toiture est entièrement consumée. Le Conseil de Ville saisit cette
occasion pour améliorer le franchissement de cet étroit passage et l’accès au château. Un mur est abattu, la tour est réhaussée, dotée d'une nouvelle horloge en 1716 et prend l'aspect que l'on lui connaît aujourd'hui. L'horloge qui fonctionne aujourd'hui est la 5ème depuis 1575, elle a été réalisée en 1930 par l'ancienne école d'horlogerie de Neuchâtel et elle est remontée par un mécanisme électrique.

Le sommet de la tour de Diesse avec son cadran rouge