Repères historiques

Repères historiques

En avril 1011, le roi Rodolphe III de Bourgogne signait l'acte par lequel il donnait en gage de son amour la résidence royale de Neuchâtel à son épouse Ermengarde. C'est dans cet acte de donation que figure la première mention écrite de la localité de Neuchâtel. Celle-ci aura ainsi passé du rang d'un petit bourg castral à celui de capitale de l'un des 26 cantons suisses, forte d'une population de 33'000 habitantes et habitants. Retrouvez ici quelques éléments clés de l'histoire de la cité, étroitement liés à l'histoire du canton. Et pour approfondir vos connaissances, le Musée d'art et d'histoire, les Galeries de l'histoire et leurs maquettes, ou encore le Laténium, parc et musée cantonal d'archéologie, vous permettront de tout savoir sur les diverses et riches périodes de l'Histoire à Neuchâtel.

Musée d'art et d'histoire

MAHN

Esplanade Léopold-Robert 1

2000 Neuchâtel

Le site internet

Les Galeries de l'histoire

Galeries de l'histoire

Avenue du DuPeyrou 7

2000 Neuchâtel

Le site internet

Le Laténium

Parc et musée d'archéologie

Espace Paul Vouga

2068 Hauterive

Le site internet

Le nom

En un millénaire - la ville de Neuchâtel a fêté ses 1000 ans en 2011, ce bourg dominé par son "château neuf" a connu plusieurs variantes d'appellation. Neuchâtel apparaît dans les textes latins sous le nom de Novum castellum en 1011 puis Novum castrum dès le XIIe siècle. On trouve aussi, dès le XVIe s. la forme grecque savante Neocomum et son dérivé adjectival neocomensis, encore utilisé dans le sceau de l’Université. Le nom évolue aussi en langue "vulgaire", avec Nuefchastel, Neufchastel, Neufchatel avant de définitivement s'intituler "Neuchâtel" dès le milieu du 18e siècle.

Et dans d'autres langues? En allemand, la ville s'est appelée Nienburg, puis Nuvenburch, Nüwenburg et finalement Neuenburg à partir de 1725. En anglais, on pourrait la traduire par Newcastle. La ville fait d'ailleurs partie de l'Alliance des "Newcastle of the World".

 

 

Une vue aérienne de Neuchâtel

Préhistoire

Les travaux routiers et autoroutiers entrepris sur le littoral neuchâtelois dès les années 1980 ont permis de mettre au jour, notamment à Monruz (photo: la "Vénus de Monruz", lire ci-dessous en cliquant sur le +"), à Champréveyres et à La Tène, des vestiges archéologiques exceptionnels témoignant d'une présence humaine déjà en 13'000 ans avant notre ère, en particulier de chasseurs, au moment du retrait de la dernière glaciation. Auparavant, des traces de l'Homme de Néandertal ont été retrouvées dans des grottes du canton. Vers 4500 avant J.-C., les rives neuchâteloises sont habitées par la civilisation de Cortaillod, dont les hommes commençaient à construire des villages et à pratiquer l'élevage de la culture de céréales. Plus tard, entre 450 et 25 av. J.-C.), plusieurs villages mis au jour sur le site de la Tène (qui a donné son nom à cette période du second âge du fer) témoignent de l'existence d'une civilisation celtique, avec poste militaire et lieu de sacrifice.

Le saviez-vous? Des statuettes de la taille d'un ongle, représentant un corps féminin stylisé, ont été découvertes à Monruz au sein d'un campement magdalénien de chasseurs-cueilleurs daté d'environ 13'000 ans avant J.-C.  Baptisées "Vénus de Monruz", faites de jais, elles étaient destinées à être portées en pendentif. Leur forme stylisée peut sembler extrêmement moderne, alors qu'il s'agit de représentations très anciennes de la féminité. On peut voir la "Vénus de Monruz" au Laténium.

La Vénus de Monruz, qui date de 13'000 avant notre ère.

Antiquité

Même si la colonisation gallo-romaine de la rive nord du lac de Neuchâtel est peu connue, quelques sites romains ont été mis à jour dans la région. D'Eburodunum (Yverdon-les-Bains) à Petinasca (Studen), la Vy d'Etraz traversait ainsi le littoral d'est en ouest. La somptueuse villa de Colombier, construite au 1er siècle après J.-C. (et qui devient ensuite un véritable palais appartenant à un riche propriétaire terrien, et probablement devenu déjà avant l'an mil un centre administratif local au sein du Royaume de Bourgogne-Provence), est l'une des plus grandes de Suisse, avec établissements de bains et jardins en terrasses.

Un important complexe romain était établi également à Serrières (photo). Ainsi, des vestiges datant du 3e siècle ap- J.-C. ont été mis au jour en 1908 lors de la construction des dernières maisons de la Cité Suchard: des bains gallo-romains, avec pièces chauffées par le sol, bassins, vestibule. Ces bains ont fait l'objet d'une protection et d'une mise en valeur: une partie des vestiges a été enfouie afin d'assurer leur conservation à long terme. Une autre partie a été restaurée.  Elle est désormais visible du public, qui peut visiter librement le site. Un panneau didactique permet de comprendre comment étaient organisés les bains.

Pour en savoir plus sur les thermes gallo-romains de Serrières, téléchargez ci-dessous le dépliant explicatif

Les thermes gallo-romains de Serrières.

Moyen-Age

C'est en 1011 que le nom de Neuchâtel apparaît pour la première fois, dans un acte de donation de Rodolphe III de Bourgogne à sa femme Ermengarde. Ce nouveau château supplante dès lors la villa palatiale de Colombier en tant que siège administratif. A la fin du 12e siècle, Ulrich II de Fenis, seigneur de Neuchâtel, lance le chantier de la Collégiale avec son épouse Berthe. Neuchâtel va prendre de l'importance: Ulrich III et son neveu Berthold lui donneront sa charte de franchises en avril 1214. Celle-ci, qui fonde la Communauté urbaine de Neuchâtel, permettra l’essor économique et démographique de Neuchâtel au 13e siècle. Pour la première fois, ses habitants bénéficient de droits reconnus, notamment en matière de justice ou de commerce.

Témoin exceptionnel de l'art médiéval au 14e siècle, le cénotaphe des comtes de Neuchâtel (photo) a été réalisé dès 1372 à la gloire du comte Louis de Neuchâtel et de sa famille. ll a été restauré minutieusement à la fin des années 1990.

Le dernier descendant direct des comtes de Neuchâtel, Jean de Fribourg, décède en 1457 sans successeur mâle. Par testament, le comté revient à son neveu Rodolphe de Hochberg. A la mort de son fils Philippe en 1503 surgit de nouveau la question de la succession du comté, qui se résout en 1504 lorsque Louis Ier d'Orléans-Longueville épouse l'unique héritière, Jeanne de Hochberg. La famille d'Orléans se succède à la tête de la ville jusqu'à la mort en 1707 de Marie d'Orléans-Longueville, duchesse de Nemours.

En novembre 1530, Neuchâtel est convertie par Guillaume Farel à la Réforme et devient ainsi la première capitale protestante de langue française, six ans avant Genève.

Le cénotaphe des comtes de Neuchâtel à la Collégiale.

Rois de Prusse

Dernière descendante de la famille d'Orléans-Longueville, Marie de Nemours décède en 1707 sans laisser d'héritier direct. Une quinzaine de prétendants revendiquent la succession. C'est le Tribunal des Trois-Etats, composé de douze juges neuchâtelois, qui décide d'attribuer la souveraineté au roi de Prusse. Frédéric Ier de Prusse a l'avantage d'être protestant et de pouvoir protéger Neuchâtel des appétits français. Il a aussi la préférence de nos combourgeois du Conseil de Berne. Sans oublier que l'éloignement géographique du roi permet aux Neuchâtelois de garder une certaine autonomie. Malgré l'entrée en tant que canton dans la Confédération, en 1814, Neuchâtel restera une principauté personnelle du roi de Prusse, jusqu'en 1848.

La parenthèse "Berthier"

Neuchâtel n'échappe pas aux bouleversements européens sous l'Empire napoléonien. En 1806, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III (photo) cède la principauté contre la région du Hanovre à Napoléon. Ce dernier la donne en fief d'empire au maréchal Alexandre Berthier qui prend le titre de "Prince de Neuchâtel et Valangin". Neuchâtel reste dans le giron français jusqu'à la chute de Napoléon qui provoque l'abdication d'Alexandre Berthier le 3 juin 1814 et la reprise de la principauté par Frédéric-Guillaume III.

La visite à Neuchâtel de Frédéric Guillaume III en 1814

Canton suisse et République

Le 12 septembre 1814, la Diète fédérale réunie à Zurich admet la principauté de Neuchâtel dans la Confédération suisse, comme 21e canton, en même temps que les cantons du Valais et de Genève. La signature du Pacte fédéral du 7 août 1815 entérine définitivement ces admissions, mais c'est l'année 1814 que le canton de Neuchâtel retient pour marquer son entrée dans la Confédération, en particulier la date du 12 septembre, qui est devenue synonyme de démocratie et d'opposition au régime royaliste, alors encore en place à Neuchâtel. Le statut hybride de canton suisse et de principauté relevant de la maison Hohenzollern subsiste jusqu'au traité de Paris du 26 mai 1857, qui marque l'abandon de Neuchâtel par le roi de Prusse. 

La Révolution de 1848

Les révolutionnaires neuchâtelois partent le 29 février 1848 au soir du Locle et descendent de la Chaux-de-Fonds par le col de la Vue des Alpes. Ils prennent des canons à l'arsenal et tirent des coups de semonce sur le château de Valangin, entraînant la reddition sans heurts des gardes royalistes. Ils arrivent au petit matin du 1er mars au château de Neuchâtel où ils déclarent la République. Malgré une tentative de contre-révolution en 1856, la jeune République ne vacillera pas. Aujourd'hui, la Marche du 1er Mars, reconnue par la Confédération au sein des traditions vivantes immatérielles, commémore cette journée révolutionnaire (photo) 

La Marche du 1er Mars commémore la Révolution républicaine de 1848.

Le Château

Erigé à la fin du 10e siècle, le Château a fait naître la ville à ses pieds et lui a donné son nom: Novum Castellum. Depuis, sans discontinuer, le pouvoir des seigneurs, comtes, princes s'est exercé à partir du même lieu. Plusieurs agrandissements et aménagements successifs ont eu lieu aux 12e, 15e et 18e siècles. Le 1er mars 1848, c'est au Château que s'installe le gouvernement provisoire de la jeune République neuchâteloise. Et aujourd'hui, le château est toujours lié au pouvoir, puisqu'il est le siège de l'administration cantonale neuchâteloise. Les cinq conseillers d’Etat - l’exécutif - y travaillent et les 115 députés du Grand Conseil - le législatif - s’y réunissent pour leurs sessions. De nombreux services de l'administration cantonale y sont aussi installés. Plusieurs travaux de restauration ont été entrepris au 20e siècle, y compris, dans le dernier quart, la restitution des façades blanchies à la chaux.

Des visites guidées du château sont organisées à la belle saison. En avril et mai: week-end et jours fériés uniquement, à 14h, 15h, 16h et 17h De juin à septembre: mardi à dimanche à  14h, 15h, 16h et 17h. Prix 5 francs/personne (dès 16 ans) Groupes dès 10 pers. (matin ou après-midi) : réservation obligatoire au 032 889 40 03 Prix: 70 francs (max. 15 pers./guide)

La durée des visites est de 45 minutes. Les commentaires sont en français, en allemand et en anglais.

S'adresser à l'entrée du Château.

Le château de Neuchâtel et ses façades blanchies à la chaux.

La cité

Au 13e siècle, un bourg s'est rapidement formé en-dessous du Château, nouvellement construit, donnant naissance à ce que nous appelons aujourd'hui la vieille ville de Neuchâtel. Le carrefour de la Croix-du-Marché et la rue des Moulins remontent ainsi à 1214. Pendant sept siècles, la ville va, peu ou prou, avancer vers le lac: sur le delta du Seyon, puis sur des terrains gagnés artificiellement. La Maison des Halles et plusieurs habitations élégantes s’installent rive droite. Rive gauche, la ville enjambe l’enceinte pour coloniser les grèves: c'est sur ces terrains que s'implante le Temple du Bas, édifié en 1696. En 1786, David de Pury, bourgeois de Neuchâtel établi à Lisbonne où il a fait fortune, institue la Ville et la Bourgeoisie de Neuchâtel comme ses héritières. Cette fortune permet de réaliser maints ouvrages d'utilité publique, dont un nouvel hôpital, un somptueux Hôtel de Ville, le détournement du Seyon, le collège latin, celui des Terreaux et bien d'autres travaux, accompagnés de dons en faveur d'oeuvres sociales.

Fièvre urbaine

La ville est prise d’une fièvre urbaine à l’arrivée des lignes de chemin de fer: entre 1857 et 1860, le rail ouvre Neuchâtel sur la France, Lausanne et Zurich. Des quartiers poussent de part et d’autre des voies, vers l’ouest, dans le vallon de l’Ecluse et dans plus particulièrement dans le quartier des Beaux-Arts (gagné sur le lac grâce aux matériaux enlevés au Crêt-Taconnet pour permettre l'extension de la gare).

Les autres grands quartiers résidentiels, plus excentrés, datent du XXe siècle. C'est alors que se développent notamment ceux de Serrières, des Acacias, des Portes-Rouges,  de Pierre-à-Mazel. Les quartiers de Monruz, de la Favarge, de la Vy d’Etra et de la Dîme rejoignent le territoire communal lorsque les communes de Neuchâtel et de La Coudre fusionnent en 1929.

Le coeur historique de la ville est transformé en zone piétonne en 1979. Et 1994, le trafic de transit est canalisé sous les tunnels de l'A5. Les habitant-e-s et les visiteurs peuvent dorénavant profiter bien plus librement de leur cité!

La ville de Neuchâtel a connu plusieurs périodes d'essor à travers les siècles.

Les armoiries

Les armoiries sont un signe de reconnaissance dont l'usage se généralise en Europe vers le milieu du 12e siècle. Celles de Neuchâtel sont reprises en 1534 du sceau du Maire, un officier du Comte. Elles sont le résultat d'une fusion entre les armoiries primitives de la branche aînée des Neuchâtel, l'aigle apparue en 1214, et la bannière des Neuchâtel, le pal de chevrons, qui apparaît dès lors sous la formulation de l'écu définie par le comte Louis de Neuchâtel vers le milieu du XIVe siècle.

En langue héraldique, on définit ainsi ces armoiries: "D'or à une aigle de sable armée, becquée et languée de gueules, portant en coeur un écu d'or au pal de gueules chargé de trois chevrons d'argent."

La révolution de 1848 ouvre une période de protestation de ces armoiries dont les chevrons rappellent trop l’ancien régime. Si la Municipalité (1856-1888) prend les couleurs du Canton, la nouvelle commune reprend les armoiries de l'ancienne bourgeoisie en 1890, mais malgré la nouvelle loi sur les communes de 1888, il faut attendre 1955 pour que les armes de la ville soient officiellement arrêtées.

 

 

 

Les couleurs d'une cité sont parfois sans rapport avec ses armoiries: c'est ainsi que les couleurs de la Ville de Neuchâtel, le rouge et le vert, que l'on retrouve par exemple sur les costumes du showband les Armourins, s'inspirent de l'uniforme que portaient les hommes de la milice locale de la Ville de Neuchâtel sous l'ancien régime. Ils s'appelaient d'ailleurs déjà les Armourins. Les employés de la commune qui portaient la livrée étaient aussi vêtus de rouge et de vert.

Le showband les Armourins, vêtu de rouge et de vert, avec sur la poitrine les armoiries de la ville de Neuchâtel